Anne Gerzat
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Interview d’Anne Gerzat dans le Monde Economique

Pourriez-vous nous parler de l’œuvre que vous avez choisi de nous présenter aujourd’hui ?

Il s’agit d’une de mes premières images, prise en 2014 lors d’un voyage « coup de tête » en Thailande. Perdue dans les remous hypnotisants et réguliers du bateau, j’ai croisé le regard de cet homme… Je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé, mais je sais que je l’ai trouvé beau. D’une évidence déconcertante, il s’était tourné à nouveau vers le large tout en acquiesçant à ma timide présentation d’appareil photo, comme pour me dire que oui, il m’autorisait à m’offrir cet instant pour toujours. Je n’ai qu’une image de cet échange, et je suis heureuse que ce soit celle-ci…

Parmi toutes vos œuvres, pourquoi avoir choisi celle-ci en particulier ?

J’ai choisi cette image car elle signifie beaucoup pour moi. Je n’étais pas encore tout à fait consciente de ce que cela représenterait à ce moment, mais je m’en rappelle aujourd’hui comme d’un instant-clé dans l’évolution de ce que je souhaite créer et partager. Cela peut paraître bateau (ça tombe bien, on est dessus), mais le regard perdu au loin et dirigé vers la droite, le moine, le voyage, les couleurs complémentaires et le souvenir m’ont fait réaliser, pour la première fois, que la photo avait cette puissance d’éternité.

Dans quelle mesure cette œuvre est-elle représentative de votre travail artistique ?

Elle est le mélange des paysages que j’aime capturer, mais aussi l’humain, le portrait, les regards, et surtout, surtout, elle dépeint l’instant présent. J’ai beau avoir vraiment changé de style et d’envies aujourd’hui, cette image me rappelle cette période de découvertes.

A ce propos, comment définiriez-vous votre approche artistique ?

Hier tournée vers le monde extérieur, les paysages et la recherche d’esthétisme, mon approche s’est peu à peu transformée et devenue une excursion plus introspective, une exploration, un voyage un peu magique au cours duquel les possibilités sont infinies.

Étant très sensible aux atmosphères ambiantes, je m’imprègne de l’énergie que je ressens dans les interactions et les lieux pour les capturer ou tenter de les recréer plus tard, comme pour les extérioriser, exprimer ce qui m’a touchée, blessée ou euphorisée.

La photographie aussi est composée d’essais, d’échecs et de déceptions. Alors qu’elle est omniprésente et accessible à tous, découvrir de nouvelles façons de partager, de dessiner – avec la lumière – ce qui existe certes, mais surtout ce qui demeure imperceptible, demande une remise en question continue. Pour (se) surprendre, pour calmer les tempêtes intérieures, pour exprimer ce qui ne peut l’être. Et surtout, pour trouver le meilleur moyen de prêter ses yeux et son cœur à celui qui voudra s’en emparer un instant.

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