Gianfranco Cencio
Nouvelles

Interview de Gianfranco Cencio dans le Monde Economique

Pourriez-vous nous parler de l’œuvre que vous avez choisi de nous présenter aujourd’hui ?

Je vous présente « Ma planète bleue » 2020, une des dernières… une parmi tant d’autres ! Un cercle en céramique émaillé en bleu et noir qui inclue et supporte une structure en fer : sept rectangles en acier, aux contours irréguliers, pivotant autour d’un axe vertical. Ces plaquettes métalliques peuvent tourner et donc être positionnées au goût des adultes ou au caprice des enfants. Une structure harmonieuse classique et un élément mobile dans les mains de l’homme. Mais l’axe donne l’aplomb qui ne permet pas trop d’extravagances à la manipulation… Heureusement !

Parmi toutes vos œuvres, pourquoi avoir choisi celle-ci en particulier ?

A la première question j’ai bien dit « Je vous présente… », car « choisir » une œuvre sur une quarantaine de créations, inspirées par des sujets, moments, circonstances, sentiments différents… c’est blesser, ou faire un tort aux autres.

En outre, une œuvre peut jouir d’une préférence esthétique, symbolique, sentimentale, technique … En choisir une, limite le panorama créatif d’un artiste à un ou deux de ces paramètres. Néanmoins, puisque c’est elle, « Ma planète bleue » qui est dans la photo, c’est à elle que je confie la fonction d’ambassadrice de mon œuvre totale. Elle contient, en effet, plusieurs éléments qui caractérisent ma sculpture : l’assemblage de la terre et du fer, l’harmonie d’un cercle classique, la simplicité et l’élégance dans la forme, la richesse d’interprétations possibles, la symbolique…

Dans quelle mesure cette œuvre est-elle représentative de votre travail artistique ?

En céramique, une œuvre en trois dimensions est une sculpture particulière. On prend une masse informe de terre molle, on la façonne, on l’assemble, on ajoute, on enlève de la matière et on lui donne une signification qui est beaucoup plus qu’une forme : c’est une âme ! Le fait que la main, l’outil principal en céramique, est en contact direct avec la matière, sublime le processus de créativité. L’ouverture du four qui fige l’œuvre à 1100° degrés, est une émotion indescriptible… mais c’est aussi un processus à maîtriser. « Ma planète bleue » est passée par là… L’ajout, quasi systématique d’un élément en fer, donne une plénitude comparable à la complémentarité d’un couple harmonieux. La mobilité des plaquettes métalliques c’est une petite touche poétique en plus. « Ma planète bleue » a tout ça.

A ce propos, comment définiriez-vous votre approche artistique ?

L’art est une activité humaine originale qui plane au-dessus de la quotidienneté des chiffres, des rapports difficiles, des banalités de toute sorte… Il fait partie de belles choses de la vie comme l’amour, la jouissance d’un paysage magnifique, la compréhension d’un mystère, la contemplation, couchés sur l’herbe, d’un ciel étoilé. Le but de l’art est de faire rêver, donner une émotion paisible de beauté, de joie, d’espoir, d’élever l’esprit et d’embellir le monde. Les autres acceptions de l’art, comme la performance, la provocation… logent visiblement à l’autre bout du dictionnaire. Mon approche artistique est, pour ma part, jouissance dans la création, et j’espère, pour l’observateur, jouissance dans la contemplation.

Voir l’article dans le Monde Economique

Articles similaires

Leave a Comment

%d blogueurs aiment cette page :