Interview de Henri Tempo dans le Monde Economique
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Interview de Henri Tempo dans le Monde Economique

Henri Tempo, pourriez-vous nous parler de l’œuvre que vous avez choisi de nous présenter aujourd’hui ?

Henri Tempo: Je choisis « Hodler the Shoemaker takes a minute over old Shenzen ». C’est un heureux hasard que de trouver des images concordantes. Dans le cas de ce collage, ce fut assez évident d’installer le fameux peintre devant cette fenêtre tirée d’une estampe japonaise. J’aime la cohérence qui se dégage de cette image insolite. La posture du personnage semble évoquer plusieurs questionnements ou un néant digne d’intérêt. Au dehors j’imagine un pays préindustriel travaillant dur et là Ferdinand s’arrête en plein labeur…

Parmi toutes vos œuvres, pourquoi avoir choisi celle-ci en particulier ?

Henri Tempo: Elle s’approche d’une certaine tradition du collage, parfois absurde et tordant la réalité. L’équilibre se joue dans ce respect des proportions que je pense avoir trouvé dans l’oeuvre. La sobriété de cette composition crée une ambiance suspendue dans le temps. La lecture est voulue simple. Si je devais la comparer à de la musique, je la rapprocherais d’un vieux jazz instrumental ou d’un blues américain. Quelque chose de réconfortant et de quelque peu mélancolique.

Dans quelle mesure, cette œuvre est-elle représentative de votre travail artistique ?

Henri Tempo: Ce collage est pour moi fidèle à la ligne que je m’étais donné. Cela ressemble aux trois règles de théâtre: un fond, un personnage et un instant. Comme dans toutes mes oeuvres, il y à la fois peu à voir mais une recherche graphique effectuée sur un temps long. Je corrige donc ce que j’ai dit précédemment « c’est un heureux hasard », certes, mais cela se travaille. Aussi on retrouve là une scène entre deux temporalités, cela j’essaie de le produire: ces courts moments à priori sans intérêt…

A ce propos, comment définiriez-vous votre approche artistique ?

Henri Tempo: Mon travail doit sûrement être le résultat des éléments suivants. D’une part, de belles choses se mettent en permanence sur ma route, je suis une sorte de collectionneur. D’autre part, j’ai une profonde envie de créer et apprécie autant l’art brut que le minimalisme. Je mélange tous ces éléments et cela donne ces essais. L’approche se veut à la fois spontanée et cadrée. C’est un peu dur à conjuguer mais j’y parviens. Tout réside dans le temps de l’expérimentation et l’organisation de mon atelier et ses dossiers d’images. Ils doivent être suffisamment rangé mais pas trop non plus.

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